« Le cœur de l’adoration » est un chant devenu populaire au milieu des chrétiens et sur la scène du gospel, et ce jusqu’au Cameroun. À la fin des années 90, le corps de Christ découvrait une chanson qui dès sa sortie a eu un impact sur la perception de l’adoration au sein de l’Église. Écrite par Matt Redman, la chanson est un cri du cœur, une repentance qui est née dans des conditions particulières : malgré l’influence qu’elle avait dans le domaine de la louange et l’adoration en Angleterre et dans le monde, l’église de Matt Redman traversait une période dite « sèche » et s’efforçait de trouver un sens à leur parcours musical. Il y avait un vide à combler. Mike Pilavachi, le pasteur de cette congrégation, prit alors une décision audacieuse : aucun instrument de musique n’allait plus être utilisé lors des rencontres de la congrégation. Le seul instrument à utiliser devait être à la voix.

Guitare posée

Cette décision audacieuse permit à l’ensemble de la congrégation de revenir aux fondements de l’adoration. Elle comprit que Jésus était le centre de l’adoration et devait le rester. Quelles que soient les circonstances de la vie, l’adoration exige que l’on réponde à Christ des tréfonds de notre âme. The Heart of Worship de Matt Redman est une description de cette perspective d’adoration retrouvée :

When the music fades, all is stripped away, and I simply come

Longing just to bring something that’s of worth that will bless your heart…

I’m coming back to the heart of worship, and it’s all about You, Jesus

Christ lui-même a évoqué et insisté sur cette perspective dans sa conversation avec la femme samaritaine:

Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Jean 4 : 23

Remarquons que Jésus ne parle pas de « louer ». Le psalmiste dit d’ailleurs « que tout ce qui respire loue l’Éternel » (Psaume 150 : 6). L’adoration a donc cette particularité de plonger l’adorateur dans une intimité avec le Seigneur. Alors que tout ce qui respire peut louer le Seigneur, l’adoration exige de l’adorateur cette connexion/intimité spirituelle qui le lie fermement à son Créateur, l’objet de son adoration. En adorant en « esprit », l’adorateur a une compréhension précise de celui qu’il adore et ne perd jamais de vue que celui-ci est l’alpha et l’oméga de son adoration, le centre, pour ne pas dire le cœur, de son adoration. Cette compréhension se traduit aussi en une communion intime avec le Seigneur, communion au cours de laquelle l’adorateur est complètement enveloppé de la présence de Dieu, la connexion spirituelle étant établie. La dimension « vérité » de cette adoration se traduit quant à elle par un dépouillement complet de l’adorateur : il se présente au Seigneur sans artifice (sans hypocrisie), tel qu’il est. Ses paroles d’adoration ne sont pas issues d’un mimétisme ou d’un faux-semblant, mais d’une expression de cœur à cœur dans laquelle il exprime son profond sentiment vrai au Seigneur.

Worship in intimacy

L’adoration sans artifices

L’église et surtout les adorateurs ou conducteurs de louange ne sont pas encore complètement sortis des circonstances qui étaient à l’origine de la chanson Heart of Worship de Matt Redman. Il demeure donc une question essentielle à laquelle l’Église, mais surtout chaque adorateur ou conducteur de louange devra répondre individuellement : qu’adviendra-t-il de mon adoration si mon instrument de musique et toutes les plateformes de streaming (YouTube, Spotify, Apple Music, Amazon Music, etc.) m’étaient retirés ? En tant que musicien ou conducteur de louange, que deviendrait mon adoration s’il n’y avait plus d’instrument dans mon église ou si je me retrouvais dans une congrégation sans instruments de musique ?

Quelle que soit la réponse, la leçon à retenir est la suivante : Christ est et veut rester le centre de notre adoration, en toute circonstance et en tout lieu. Veillons à ce que rien, mais vraiment rien, ne nous déroute de ce fondement de l’adoration.

I’ll bring You more than a song

For a song in itself

Is not what You have required

You search much deeper within

Through the way things appear

You’re looking into my heart

I’m coming back to the heart of worship

And it’s all about You, it’s all about You, Jesus

I’m sorry, Lord, for the thing I’ve made it

When it’s all about You, it’s all about You, Jesus

Article proposé et rédigé par Dr. Edmond Kembou.

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