LE PASTEUR, LE MARABOUT ET LE REALISATEUR

Après la diffusion du 59ème épisode de la série camerounaise Madame&Monsieur, très en vogue sur les chaînes télé en Afrique francophone, la toile s’est enflammée autour d’une scène dans laquelle un pasteur est tourné en dérision alors que le wanda-man (féticheur ou marabout) est porté en héros par les choix du réalisateur Ebenezer Kepombia (plus connu sous l’alias de Mitoumba). Notre plateforme Zamba et l’artiste-acteur Paul Gabryel ont été parmi les premiers à exprimer leur point de vue (et non leur plainte…) sur Facebook. Leurs différents posts vont faire mouche, entraînant de manière inattendue des réactions colorées de différents chrétiens à travers le monde. La quintessence de ces réactions tournera sur la question du cinéma chrétien au Cameroun mais aussi sur la question de l’opinion chrétienne sur les faits socio-culturels. Cette dernière question est celle qui retiendra notre attention dans cette prise de position pour clarifier si oui ou non, les chrétiens devraient rester silencieux face aux dérives sous prétexte « qu’ils feraient mieux de faire leurs propres films ».

Pasteur mis en difficulté selon le réalisateur. Source: Facebook Ebenezer Kepombia

Un résumé de la scène en question

Nous résumerons la scène mise à partie de manière suivante: Le Pasteur ou l’homme de Dieu ne réussit pas dans le script à chasser un démon et donc à vaquer à une des tâches basiques qui lui sont assignés par la Parole de Dieu. Quelques minutes après, il se fait en apparence surclasser par le Marabout qui aurait plus de succès dans l’exercice.
Nous mettrons au crédit du Réalisateur de décrire de manière cinématographique une habitude culturelle où plusieurs Camerounais accessoirement chrétiens naviguent entre les traditions et la foi chrétienne à la recherche désespérée de solutions. Seulement, le Réalisateur dans son scénario prend définitivement position pour les traditions (ce qui est son droit) et piétine sciemment la pratique pastorale pour valider donc son idéologie. C’est à partir de ce moment que nous avons choisi de ne pas rester silencieux.

Jesus-bashing, sport désormais national ?

Nous sommes définitivement conscients que le « church-bashing » ou même le « Jesus-bashing » est un sport récurrent dans le cinéma contemporain (mais à nos yeux un sport dangeureux). Le Réalisateur avec sa mise en contraste du Pasteur et du Marabout ne fait que reprendre un code plutôt « cheap » et assez refourgué dans le cinéma mondain. À titre d’exemple, l’un des réalisateurs les plus connus au monde en la personne de Zack Snyder reconnait de lui-même avoir intégré dans ses meilleurs films (comme Batman v Superman : Dawn of Justice) des couleurs christologiques pour magnifier les différents caractères, surtout celui de Superman censé être percu par l’auditoire comme une figure salvatrice au même terme que Jésus. La raison pour laquelle ce code est autant refourgué est qu’il attire les foules et produit un certain succès même cela frôle le blasphèmatoire. Que ce soit dans le style dramatique ou bien la comédie, les créateurs de contenus sous prétexte de défendre l’identité africaine ont pris plaisir à « casser du sucre sur le dos de Jésus et l’Église ». Le Pasteur Mohamed Sanogo par exemple a pris le soin de s’exprimer sur le sujet (voir son intervention ICI). Était-il donc en tort ? Si non, pourquoi le serions-nous?

Une fois de plus, s’adosser sur les codes chrétiens pour promouvoir un produit cinématographique n’est le problème ici. Le problème pour nous se résume dans le rabaissement des valeurs qui nous sont chères et la complaisance des frères. Depuis la nuit des temps, Jésus est moqué, piétiné et raillé; le point culminant étant la Croix. Plusieurs croyants à sa suite ont aussi été traités de la sorte. Nous en avons nous-même fait les frais. Nous estimons que la scène du Pasteur et du Marabout par notre fameux Réalisateur est une raillerie et une moquerie de plus. Cependant que dit la Parole face à cela ? Faut-il se taire et encaisser ou bien quel est la bonne attitude selon la Bible ? Les apôtres ont pris soin de mettre en garde les frères contre le monde, leur enseignant à souffrir pour l’Évangile tout en la prêchant avec amour et intégrité. La prédication de l’Évangile implique pour eux plusieurs aspects notamment avertir les hommes contre le blasphème et la moquerie de Dieu (Gal. 6:7-8), être des sentinelles pour la cité afin d’anticiper les dangers vus de loin et de prier contre une destruction imminente (Ez. 3:17) et aussi enseigner à vivre selon la volonté de Dieu.

Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. – galates 6:7-8.

Fils de l’homme, je t’établis comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu écouteras la parole qui sortira de ma bouche, et tu les avertiras de ma part. – Ezechiel 3:17.

Examinez ce qui est agréable au Seigneur; et ne prenez point part aux oeuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. – Éphesiens 5:10-11.

Confrontation Pasteur et Marabout. Pasteur impuissant selon le Réalisateur. Source: Facebook Ebenezer Kepombia

Ambassadeurs et Défenseurs des intérêts du Royaume des cieux

Plusieurs chrétiens n’ont pas compris cette démarche d’avertir ceux qui se moquent de Dieu et tentent de rabaisser la puissance du Nom de Jésus. Pourtant l’apôtre Paul est clair sur ce sujet (2 Tim. 4, 1-2). Jean-Baptiste lui-même n’est pas resté muet face aux dérives socio-culturelles de son époque (Luc 3:19 entre autres). Jésus pareillemment a créé un incident en confrontant le puissant establishment pharisien qui a juré par la suite de le faire mourir. C’est le même Jésus que nous adorons qui a pris le fouet et saccagé les commerces des uns et des autres sous prétexte qu’ils désacralisaient la maison de Son père qui pourtant vit au Ciel (Mat. 21: 12-15). Allons-y comprendre. Le point ici est de signifier que l’avertissement est une prérogative chrétienne. Le croyant a une responsabilité face à Dieu pour son prochain, pour sa ville, pour son pays. C’est connu pourtant. Il doit présenter et agir dans le monde comme un véritable ambassadeur (2 Cor. 5: 20). C’est à dire comme un défenseur des intérêts du Royaume des cieux dont il est issu. Le concept de défenseur mal compris par plusieurs est pourtant au coeur de la confrontation entre le Pasteur et le Marabout. En effet, le Pasteur (selon la Bible et non selon le Réalisateur) est un ambassadeur qui défend les couleurs du Royaume. Ainsi lorsqu’il est impliqué dans un combat spirituel comme dans la scène incriminée, il doit pouvoir utiliser toutes les armes mises à sa disposition par le Roi des rois pour vaincre l’esprit mauvais et repousser le monde des ténèbres, le tout pour gagner une âme et démontrer la suprématie de son Royaume. Les croyants les plus aguérris en terme de combat spirituel savent pertinemment que parmi toutes les armes du Chrétien énoncés par l’Apôtre Paul, une seule est une arme offensive. Les autres armes sont défensives cependant indispensables pour obtenir la victoire (Eph. 6: 10-18).

https://la-marche-avec-dieu.fr/wp-content/uploads/2018/02/armes-de-dieu.jpg _ Armes du chrétien

Apologie des « bonbon pasteurs » ?

Le Pasteur selon notre cher Réalisateur est forcément un « bonbon Pasteur ». Des pasteurs dit bonbons, il en existe (nous l’accordons au Réalisateur). Cependant, ces pasteurs ne font pas la norme et ne servent pas la cause de l’Évangile de Jésus-Christ. En tant que mercenaires, ils servent leurs propres intérêts et sont jugés par Jésus (Jean 10: 3 et 12). C’est pourquoi, nous avertissons ceux qui veulent tronquer l’image de l’Église de ne pas y prendre plaisir. Car il existe des véritables Pasteurs, de véritables ambassadeurs. Il existe une véritable Église, fondée sur le roc et contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront point (Matthieu 16: 18).
Pourquoi nous insistons sur notre prérogative d’avertir ? Parce que nous embrassons l’enseignement de la Parole selon laquelle nous sommes des sentinelles pour notre nation. Une sentinelle, ça voit le danger de loin et ça avertit. Nous nous considérons comme étant dans le monde, même si n’étant pas du monde (Jean 17: 11 et 19). Par amour pour notre pays, nous voulons utiliser nos modestes moyens pour freiner les mauvais penchants, décrier les injustices, crier fort face aux dangers que nous voyons de nos yeux spirituels. Nous ne considérons pas seulement qu’il est temps que les enfants de Dieu se lèvent. Nous encourageons ardemment ceux qui se sont déjà levés. Nous encourageons également ceux qui prennent des initiatives pour répondre aux contenus que nous jugeons malsains que le monde propose à l’écran et dans ses médias.

Nous avertissons, oui. Non pas pour condamner mais pour sauver. C’est pourquoi la sémantique ne doit pas troubler ceux qui y ont du mal mais plutôt être saisie dans son contexte. Pour rappel, tout se fait dans le domaine chrétien dans un contexte d’amour. Dieu en personne peut punir Son enfant. Il le fait cependant par amour (Apocalypse 3:19). Quand nous avertissons donc, ce n’est pas dans un esprit d’arrogance, mais dans un espoir de repentance et de rachat.

Big Up aux pionniers du cinéma chrétien camerounais

En conclusion, qu’en est-il du Pasteur, du Marabout et du Réalisateur ? Il en ressort que nous en tant qu’enfants de Dieu ne devons pas nous lasser à représenter notre Royaume. Il est bien dit ici « ne pas se lasser » car le cinéma chrétien camerounais existe bien (ceci mérite un article à part), des critiques ou sentinelles chrétiennes existent bien. Avec la perséverance et l’assiduité, tout cela sera encore plus visible aux yeux de tous. Les réalisateurs du monde promeuvent les valeurs qui sont les leurs, ils sont avertis désormais et le seront encore au besoin. Mais alors le Réalisateur de nos vies, Jésus-Christ de Nazareth est celui qui a et aura le dernier mot. Il reviendra pour juger les vivants et les morts (2 Tim. 4: 1). N’en déplaise à certains. En ce qui nous concerne, nous resterons fidèles à cette recommandation du Seigneur:

Je t’en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. – 2 Timothée 4: 1

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